Tomber amoureux l'hiver n'est pas une bonne idée. Les symptômes sont plus sublimes et douloureux.La lumière parfaite du froid encourage la délectation morose de l'attente. Le frisson exalte la fébrilité. Les autres saisons ont leurs minauderis, bourgeons , grappes et feuillages ou engouffrer ses états d'âmes. La nudité hivernale n'offre aucun refuge.
Il ya plus trâitre que le mirage du désert, c'est le fameux mirage du froid, l'oasis du cercle polaire, scandale de beauté rendu possible grâçe à la température négative.L'hiver et l'Amour ont ceci de commun qu'ils inspirent le désir d'être réconforté d'une telle épreuve ; la coîncidence de ces deux saisons exclut le réconfort. Soulager le froid par la chaleur écoeure l'amour d'une impression d'obscénité, soulager la passion en ouvrant la fenêtre sur l'air vif envoie au tombeau en un temps record. Mon mirage du froid s'appelait Nicolas. L'amour interdit la fatuité : au lieu d'imaginer le feu que mon corps aurait pu donner au sien, je dévalais les degrés avec la dame de mes pensées, il n'y avait pas de limite à la brûlure glacée que nous pouvions atteindre ensemble. Le froid n'était pas une menace, mais une puissance impérieuse qui nous animait , qui parlait en son nom :" Je suis le froid et si je regne dans l'univers, c'est pour motif si simple que nul n'y a songé" :
J'ai besoin qu'on me ressente.
A. N